Communiqué en faveur d’un régime ouvert de détention, dit « prisons ouvertes » dans le champs pénitentiaire français

vendredi 9 février 2018 par Jean-Marie Bockel

Communiqué en faveur d’un régime ouvert de détention, dit « prisons ouvertes » dans le champs pénitentiaire français

Le 9 février 2018                                                     

Le rapport sur les prisons ouvertes que j’avais rendu public en mars 2010 alors que j’étais Secrétaire d’Etat à la justice, avait rencontré un intérêt réel et un certain succès d’estime auprès des professionnels et de certains médias, mais était d’emblée resté sans suite faute de soutien politique, tant de la droite, qu’après 2012, de la gauche.

Je n’en suis que plus heureux de l’intérêt porté par la Présidente de la Commission des lois à l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à ce mode ouvert de détention dont la France fut pionnière après-guerre avec l’établissement de Casabianda en Corse, et qui a démontré depuis lors sa fiabilité dans la plupart des pays européens, sauf le nôtre, hélas !

La mission que j’avais alors confiée à un jeune universitaire, Paul-Roger Gontard, m’a permis de disposer d’un travail très complet, basé sur de nombreux exemples européens réussis et, après plusieurs visites sur le terrain (à Casabianda bien sûr mais également en Autriche, en Suisse, au Luxembourg et en Europe du Nord), de formuler des propositions concrètes et opérationnelles pour une mise en œuvre progressive en France.

En rencontrant ma collègue Députée à son initiative en fin d’année dernière, j’ai compris que nous étions totalement en phase sur le développement de ce modèle dans notre pays, ce que j’aurai d’ailleurs l’occasion de dire à la Garde des Sceaux que je rencontre dans les prochains jours.

Accueillir progressivement 10% des détenus effectuant leur peine après condamnation dans de tels établissements cumule de nombreux avantages : une grande sécurité, y compris face aux risques d’évasion car la perspective du retour au régime carcéral fermé est une puissante motivation à respecter les règles ; des conditions de détention caractérisées par la responsabilité au niveau de la vie quotidienne et l’obligation de travail ; c’est, pour toutes ces raisons, un dispositif qui prépare et facilite la réinsertion en fin de peine et donc limite la récidive ; enfin l’absence de sécurité passive constitue une économie de fonctionnement importante.

C’est pourquoi je souhaite vivement, dans le contexte carcéral actuel très tendu, résultat d’une forme d’échec français qui nous distingue de la plupart des pays européens, que nous acceptions enfin de nous engager dans cette voie prometteuse, tant pour les personnes concernées, les personnels pénitentiaires que l’ensemble de notre société.

S’inscrire à ma Newsletter pour rester en contact

Twitter

Facebook